Métamorphose psychose

Publié le par houda zekri

Métamorphose Psychose

 

Au commencement, mon mari avait soif. Soif d’amour. Il considéra que c’était bon d’étancher sa soif et il décida de se jeter sur la première gourde : Moi !

C’était le premier mois.

De moins en moins assoiffé, de plus en plus affairé, mon mari me déclara solennellement, et dans une langue que je ne comprenais presque pas : « Femme, cessons de faire l’amour le samedi soir !! »

Abasourdie et prise au dépourvu je répondis : « Pourquoi donc mon pichet mignon ? »

Sa réponse telle la foudre de Zeus, me figea : « Pauvre Gourde, s’il pleut le dimanche, nous ne saurions plus quoi faire !! »

C’était le deuxième mois.

J’encaissai le coup : Empoignant la chaise bancale en bois massif, je la balançai contre le mur délabré de notre chambre à coucher. Mon mari ne broncha pas. Moi non plus d’ailleurs.

C’est alors qu’il se tortilla comme un ver de terre piqué par une tsé-tsé paludisante, jubilant à l’idée de sucer du sang humain. Curieuse comme à l’accoutumée, je m’enquis de ce qui a pu causer son malaise. Chose que je n’aurais pas dû faire, mais que je fis, faisant fi de mon instinct maternel.

« Femme -me dit-il encore une fois- On a le temps... Pour les enfants, ce sera pour dans dix ans, tu seras ménopausée mais nous ferons appel à une donneuse d’ovocyte. Comme ça on les emmerdera moins longtemps. Surtout toi. »

C’est normal, c’était le troisième mois.

J’ai encore encaissé le coup, pris à témoin les voisins de palier, maudit les dix-huit mètres carrés alloués par la mairie du treizième pour sauvegarder notre bonheur marital et je lui ai dit dans un langage châtié quoique truffé de sous-entendus malsains : « Je sais que pour une femme, c’est difficile de rendre un homme heureux, à deux, on y arrivera peut-être mieux. »

Mon mari, que ma réponse fit tressaillir sauta sur moi ; il plaqua son corps adipeux sur ma frêle silhouette et finit par déposer sur mon front « le baiser de la paix ». Titubant sous l’effet de l’émotion, mais réussissant néanmoins à se relever, il s’adressa à moi en ces termes : « Quel bonheur que d’être compris par sa moitié ! Tu sais chérie, je n’ai jamais osé te l’avouer, mais pour moi, la bigamie c’est quand on a deux femmes, la monotonie c’est quand on n’en qu’une ! »

Dieu dit : « que l’obscurité soit » et l’obscurité se fit. C’était le septième mois : la rupture !!!

Houdada zakrouta

Publié dans théâtre

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